Le sport sur ordonnance n'est plus une expérimentation confidentielle. Depuis la loi du 26 janvier 2016, un médecin peut prescrire une activité physique adaptée (APA) à certains patients, et le dispositif s'est progressivement élargi [2]. Résultat : de plus en plus de personnes poussent la porte d'un coach sportif avec une prescription en main, parfois sans savoir ce qu'elles peuvent réellement en attendre. Voici l'état des lieux, sans promesse excessive.
Qui peut prescrire, et à qui
Le cadre s'est assoupli : tous les médecins peuvent désormais prescrire une activité physique adaptée aux patients en affection de longue durée (ALD) ou atteints d'une maladie chronique [1]. L'activité prescrite doit être adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical de la personne, et peut prendre plusieurs formes selon le profil [1].
Concrètement, la prescription n'est pas une ordonnance de médicament : elle décrit un objectif de santé, pas un programme ficelé. C'est au professionnel qui encadre la séance de traduire cette indication en exercices réalistes, progressifs et tenables dans la durée.
Le maillage des Maisons Sport-Santé s'étoffe
Le second mouvement de fond concerne l'organisation territoriale. On compte environ 550 Maisons Sport-Santé réparties sur le territoire français en 2025 [3]. Ces structures orientent les patients vers des encadrants formés et font le lien avec les professionnels de santé. À Montpellier comme dans le reste de l'Hérault, ce maillage facilite le passage de relais entre le cabinet médical et le terrain.
- Un bilan initial est systématiquement recommandé avant la première séance
- L'encadrement d'un public pathologique exige une qualification spécifique en APA ou santé
- La prescription ne vaut pas remboursement automatique par l'Assurance maladie
- Certaines mutuelles et collectivités proposent des aides : à vérifier au cas par cas
Ce que cela change côté pratiquant
Attention à une confusion fréquente : disposer d'une ordonnance ne signifie pas que les séances seront prises en charge par la Sécurité sociale. Le financement reste variable, dépendant des dispositifs locaux, des complémentaires santé et des aides municipales ou départementales. Le plus sûr reste de demander un devis écrit et de se renseigner auprès de sa mutuelle avant de s'engager.
Autre évolution notable : la demande se déplace vers des objectifs de santé plutôt que de performance. Reprise après un cancer, diabète de type 2, lombalgie chronique, surpoids, prévention des chutes chez les seniors montpelliérains. Ces publics imposent un rythme plus lent, des charges mesurées et un dialogue régulier avec le médecin traitant, ce qui modifie en profondeur le métier de coach sportif.
Avant de choisir un encadrant, demandez-lui simplement quelle formation il possède pour accompagner une pathologie chronique : la réponse est en général très instructive.
Questions fréquentes
Le sport sur ordonnance est-il remboursé ?
Non, la prescription d'activité physique adaptée n'ouvre pas droit à un remboursement automatique par l'Assurance maladie. Des aides existent toutefois via certaines mutuelles et collectivités locales.
Quel médecin peut prescrire une activité physique adaptée ?
Tous les médecins peuvent prescrire une APA aux patients en affection de longue durée ou atteints d'une maladie chronique.
Combien existe-t-il de Maisons Sport-Santé en France ?
Environ 550 Maisons Sport-Santé sont réparties sur le territoire français en 2025.
Faut-il une qualification particulière pour encadrer ces séances ?
Oui. L'encadrement d'un public porteur de pathologie chronique nécessite une formation spécifique en activité physique adaptée ou en sport-santé.
Combien de temps dure un accompagnement type ?
La plupart des programmes s'étalent sur trois à six mois, avec une à deux séances hebdomadaires, afin d'installer une habitude durable.
Sources
- Sport santé sur ordonnance : comment en bénéficier — GMF
- Le sport sur ordonnance : ce que ça change pour vous en 2025 — CPTS Drac Sud
- Du sport sur ordonnance en Maison Sport-Santé — Maison Hygeia

